Pardon !

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Infidélité, trahison, maltraitance… Pour certains, le pardon relève de la mission impossible, pour d’autres, il est primordial pour se reconstruire. Nous parlerons ici d’un pardon qui se rapproche plus du concept de la résilience que de la notion religieuse qu’on nous a souvent inculquée. Mais reste à savoir quand, pourquoi et comment pardonner ? Après une […]

Infidélité, trahison, maltraitance…

Pour certains, le pardon relève de la mission impossible, pour d’autres, il est primordial pour se reconstruire.

Nous parlerons ici d’un pardon qui se rapproche plus du concept de la résilience que de la notion religieuse qu’on nous a souvent inculquée. Mais reste à savoir quand, pourquoi et comment pardonner ?

Après une séparation difficile et conflictuel, pas simple de penser au pardon spontanément… « Pardonner juste pour acheter la paix sociale, c’est artificiel et ça ne règle rien au fond, prévient Vincent, séparé depuis 2 ans et papa d’une petit Maya de 11 ans. Ça peut donner l’impression que l’on protège ses enfants mais ça ne règle pas le conflit, c’est juste une posture. »

Pour Sophie Braun, psychanalyste, le pardon revient à d’ailleurs mettre la barre trop haut : « Je n’aime pas tellement ce mot de « pardon », souvent trop empreint de morale religieuse et puis l’injonction au pardon peut provoquer de la culpabilité chez ceux qui n’y parviennent pas. »

 

Attention aux faux pardons

Même s’il est primordial de préserver pour les enfants une image positive des deux parents, quand on décide de pardonner coûte que coûte mais pas forcément pour les bonnes raisons,  dans le but surtout de protéger ses enfants, il s’agit bien souvent d’un pardon artificiel qui peut s’avérer contre-productif.

Quand on s’est senti trahi(e) ou humilié(e), il est important à un moment de pouvoir exprimer sa rancoeur. « Il est essentiel de pouvoir s’appuyer sur ses sensations, nous rappelle Sophie Braun, sinon on perd sa boussole interne, ça nous coupe de nos ressentis, de nos émotions et ça peut faire des ravages. Ça veut dire qu’il y a certains pardons qui n’ont pas beaucoup de sens parce qu’il viennent avant d’avoir pu exprimer clairement sa colère et ses ressentiments.»

Pardonner, ce n’est pas forcément oublier mais plutôt réussir à apaiser une blessure suscitée par autrui. C’est se dire au fond un peu égoïstement : « Je ne suis pas responsable de ce qui m’est arrivé de douloureux, du mal que l’on m’a fait, mais je peux à partir de maintenant décider de ne pas avoir à payer la double-peine, la douleur passée et la douleur actuelle et je suis responsable du chemin que je vais prendre. » Une façon, de reprendre sa vie en main, de ne plus laisser de « bourreau » la guider.

Pardonner pour (enfin) se débarrasser du statut de victime

Pardonner implique de ne plus accepter d’être une victime et parfois cela peut s’avérer difficile. Le libre choix de pardonner incombe en effet toujours à la victime et plus la souffrance et la violence ont été grandes, plus c’est difficile. Il est parfois même impossible, pour certains d’entre nous de pardonner, parce que colère et  haine nous sert de béquille, de motivation pour continuer à vivre.

Le pardon peut donc être source de nombreux malentendus. Il peut parfois être perçu comme une potion magique, solution miracle pour guérir de toutes ses blessures. Or il apparaît souvent que le pardon est plutôt un acte de justice et il n’y a pas de pardon possible sans repentir qui rétablit une relation et permet à une situation d’évoluer.

Pardonner se fait la plupart du temps en deux temps : il y a d’abord ce moment où l’on a prend conscience qu’on est (encore) victime, prisonnier du ressentiment et parfois même du désir de vengeance. Ensuite, puisqu’on ne peut pas modifier ce qui est arrivé, on peut toujours modifier le regard que l’on porte sur ce qui nous est arrivé.

Il faut bien avouer qu’il est beaucoup plus aisé de pardonner après avoir été d’abord reconnu comme victime et encore plus quand la personne qui nous a fait du mal veut bien le reconnaître et nous demande pardon. Ce n’est pourtant pas toujours possible mais comme c’est une démarche pour soi, une démarche intellectuelle, au fond, on peut aussi y arriver sans. Le secret résidant dans la dissociation du pardon que j’accorde, personnel et égoïste, de la personne qui m’a portée préjudice.  En ce sens le véritable pardon ne peut être ni inconditionnel ni unilatéral.

Pourquoi et comment pardonner

Pourquoi et comment pardonner

Chacun son rythme

« Elle m’en a trop fait, nous dit  Arnaud, 49 ans, séparé depuis 3 ans. C’est difficile de pardonner quand vous vous faites quitter sans avoir rien vu venir et qu’en plus vous continuez à vous faire emplafonner pendant des mois. Je ne lui ai toujours pas pardonné, j’ai besoin de temps mais j’imagine que ça finira bien par arriver un jour. »

Le pardon peut constituer un très long chemin, parfois même le travail d’une vie. C’est chacun son rythme et le résultat d’un processus, d’un cheminement. Pour dépasser sa colère et sa haine, il faut avoir accepté de traverser ces émotions. Les avoir ressenties.

«Pardonner à l’autre, c’est aussi se pardonner à soi-même, nous éclaire Arnaud et quand on s’accepte comme on est vraiment avec ses forces et ses faiblesses, c’est plus facile d’accepter celles des autres… »

 

En conclusion, oui au pardon lorsqu’il est l’aboutissement d’un travail sur sa souffrance, non au pardon s’il est destiné à nier cette souffrance, voire à la gommer.

Et parce qu’une rupture c’est une forme de deuil, « quand on se sépare on doit renoncer à son conjoint, à la structure de sa famille, à la vie que l’on s’est construite, c’est du stress et de grands bouleversements. » nous rappelle Sophie Braun. Pardonner est donc toujours un effort sur soi et le fruit d’un cheminement et il est toujours plus facile de le faire quand on vraiment tourné la page et qu’on est heureux et épanoui dans la vie que l’on s’est reconstruite.

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