Interview – Agnès Abécassis nous parle de la monoparentalité

Interview – Agnès Abécassis nous parle de la monoparentalité

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Interview avec Agnès Abécassis, auteure talentueuse dont les livres pleins d’humour et de dérision vous feront dédramatiser les moments compliqués, parfois difficiles de la monoparentalité.

J’ai découvert le premier livre d’ Agnès Abécassis Les tribulations d’une jeune divorcée alors que je venais de me séparer du père de ma Graine d’ADN. Grâce à Déborah, maman solo héroïne de cette comédie,  j’ai dédramatisé et survolé mon divorce avec humour et dérision. Depuis, chaque fois qu’on me demande une recommandation d’avocat pour un divorce, je donne le nom d’Agnès Abécassis !

Dans Au secours il veut m’épouser ! Déborah reforme une famille recomposée avec Henri. Et quand j’ai rencontré mon Henri à moi, il s’est révélé être une aide précieuse pour faire sauter les barrières que j’avais érigées en deux ans de vie de maman solo, mieux que des séances de psychanalyse…

Alors forcément, j’avais hâte de vous présenter cette auteure talentueuse et ses livres, certaine que vous y puiserez tout l’humour et toute la dérision nécessaires pour surmonter les moments compliqués, parfois difficiles de la monoparentalité.

Bonjour Agnès et merci d’avoir accepté cette interview entre deux lignes d’écriture de votre onzième roman.
Je vous en prie. Alors pour être précise, entre deux lignes d’écriture de mon douzième ouvrage, et de mon neuvième roman. (Car j’ai aussi publié deux BD, textes et dessins, et un livre de développement personnel : « Assortiment de friandises pour l’esprit ou l’art de positiver au quotidien », qui paraîtra en octobre prochain au Livre de Poche.)

Les tribulations d'une jeune divorcée Agnès AbecassisLe réalisme de votre récit des Tribulations d’une jeune divorcée, au Livre de Poche, laisse penser que cette histoire n’a pu être écrite que par une maman solo qui connait bien nos états d’âmes et nos galères. D’où vous est venue l’envie d’écrire sur ce sujet ?
Au tout départ, des anecdotes que je racontais à mes copines, exactement sur  cette trame humoristique. L’humour est pour moi une forme de mise à distance de mes angoisses, une façon de les désamorcer. Rire de cette plongée dans l’inconnu que fut mon divorce a été pour moi une question d’oxygène nécessaire.

Cette histoire permet de décomplexer son divorce, de dédramatiser les bouleversements vécus par une majorité de mères qui élèvent seules leurs enfants. De la redécouverte de la vie amoureuse ou du marché de l’emploi, en passant par les budgets serrés… Pensez-vous que les papas solo s’en sortent mieux ?
Je crois que personne ne sort indemne d’un divorce, ni femme, ni homme, ni enfant. Il s’agit de reprendre le contrôle de sa vie, d’apaiser ses émotions, de se découvrir de nouveaux repères. Chacun appréhendera des difficultés qui lui sont propres. Les enfants auront à retrouver un climat qui les rassure. Les hommes devront faire le deuil d’une relation amoureuse, et d’un quotidien avec leurs enfants si la garde n’est pas partagée. Et pour une femme, ce sera de tout assumer toute seule. Une baisse sensible de ses revenus pour gérer une famille (puisque divisés par deux), une vie amoureuse moins insouciante que si elle était célibataire sans enfants, une charge de responsabilités pesante puisqu’elle assume boulot, tâches ménagères et gestion des enfants… Mon idée avec ce roman, était de montrer aux femmes d’une part qu’elles n’étaient pas seules, et d’autre part, leur rappeler ce proverbe plein de bon sens : après la pluie vient le beau temps. Et ce beau temps pourra être la  découverte de cette force qui est en elles, de profiter des magnifiques moments que la vie leur réserve, d’être fières du chemin parcouru dans leur évolution et leur indépendance, ou même la rencontre avec un nouvel homme, pourquoi pas.

Les dialogues intérieurs de Déborah résonnent avec une telle justesse qu’à chaque fois je me disais « tellement ça ! ». Mais au final, votre livre s’adresse-t-il aux femmes plus qu’aux hommes ?
Il s’adresse à tout le monde : femmes, hommes, divorcés, heureux en couple, célibataires, retraités, étudiants… c’est le principe d’un livre. Vous n’avez pas besoin d’être un sérial killer pour vous plonger dans un thriller ! Ceci étant, de part les retours que j’en ai eus, ce livre a apporté un plus à la vie de nombreuses lectrices. En témoigne son grand succès, qui ne faiblit pas malgré les années. C’est, me dit-on, un roman qui fait du bien, qui rassure, qui fait rire, et moi, en tant qu’auteur, ça me comble de le savoir.

Vous décrivez également avec beaucoup de justesse les sentiments que l’on éprouve quand les enfants partent chez leur père… Comment sortir selon vous de ce tiraillement entre « chouette j’ai un weekend pour moi toute seule ! » et « comme ils me manquent…. » ?
Seul le temps permet à ces sentiments là d’évoluer. Quand on réalise le bonheur que les enfants et leur papa ont à se retrouver, quand une routine rassurante s’installe. Les premiers mois sont les plus difficiles, et je crois que ces tiraillements sont circonscrits à ces tout débuts. Les enfants ont besoin de ce temps passé avec leur papa, et nous avons besoin de ce temps passé avec nous mêmes. Sans culpabilité, surtout. Nous ne sommes pas uniquement des mères, nous sommes également des femmes. Et une femme reposée et épanouie sera, me semble-t-il, une mère moins stressée et plus disponible.

Au secours il veut m'épouserSelon notre enquête, 50 % des parents seuls ne souhaitent pas reformer un modèle familial classique. Déborah fait partie de l’autre moitié et elle quitte, dans votre second livre, la monoparentalité pour une famille recomposée. Mais avec un titre qui commence par « au secours », ce récit était-il pensé comme une mise en garde ?
Ah, ce titre… (rires) Disons que ce titre : « Au secours, il veut m’épouser ! » a était pensé comme le contraire de ce que voudraient les princesses dans les contes de fée : se marier, et avoir beaucoup d’enfants. Après avoir expérimenté un divorce, une nouvelle proposition de mariage a pu être vécue, par mon héroïne, comme une suggestion empoisonnée.

La vie professionnelle de l’héroïne tourne autour d’un travail pas très exaltant. Pensez-vous que les femmes élevant seules leurs enfants mettent volontairement des freins à leur carrière pour le bien de leur enfant ou est-ce inéluctable ?
Je pense que beaucoup n’ont tout simplement pas le choix. Avoir le salaire du conjoint en guise de deuxième roue de notre petit vélo peut nous permettre de prendre plus de liberté dans l’avancement de notre carrière (prises de risque professionnelles, longue période de formation, etc..) Lorsqu’on est amenée à se déplacer sur un monocycle, ses enfants en équilibre sur ses épaules, on n’a pas intérêt à déconner avec son unique roue.

Vous avez écrit ces livres il y a 10 ans maintenant, vous avez été vous même une maman solo, pensez-vous que la situation de ces mamans a changé ? Réécririez-vous le même récit aujourd’hui ?
Clairement, oui. « Les Tribulations d’une jeune divorcée » a été réédité en 2014 dans une nouvelle édition, au Livre de Poche, augmentée d’une série de mes illustrations à l’intérieur. J’ai donc revu ce texte, écrit dix ans plus tôt, et en ai corrigé des maladresses propres à l’écriture d’un premier roman. J’aurais pu le réajuster plus précisément avec l’époque actuelle, mais il n’en a pas eu besoin. Tout simplement parce que les émotions de cette héroïne et de son entourage sont universelles, elles n’ont ni âge, ni siècle. C’est une peinture de la nature humaine. Rien n’a changé, ni vraiment évolué pour les mamans divorcées… Le divorce est juste un peu plus entré dans les mœurs qu’il y a vingt ou trente ans.

Le Tendre Baiser du Tyrannosaure Agnès AbecassisD‘ailleurs, votre dernier roman Le Tendre baiser du tyrannosaure, au Livre de Poche, paru cette année, met encore en scène une maman célibataire… Vous nous en dites plus sur elle ? La voyez-vous avec un autre regard 10 ans plus tard ?
Ava, dans ce roman, est une maman célibataire qui quitte sur un coup de tête son travail qu’elle déteste, parce qu’on lui en a donné l’opportunité… Sauf que cette opportunité va se révéler source d’angoisses…  Il y a aussi Olive, qui, à la veille de se marier, annonce à ses parents et à ses beaux-parents que son couple ne veut pas avoir d’enfant. Scandale, les mamies vont tout faire pour la faire changer d’avis. Et puis il y a Tom, un flic morose, qui ne se remet pas de son récent divorce. Et Félix, engoncé dans une situation familiale oppressante. Dans ce roman choral, l’humour, les surprises et les rebondissements ont la part belle, et c’est peu de le dire ! Il vient d’ailleurs d’obtenir le Prix du Public du festival du livre Saint Maur en Poche.

Merci Agnès pour cette interview, ce fut un réel plaisir, et j’attends avec impatience votre prochain livre parce qu’il me manque un chapitre ! Celui sur les relations entre la belle mère – la marâtre – et les enfants de notre Henri… Un jour peut être ?
Merci à vous pour cet entretien, Nathalie. Bel été à vous et à tous les lecteurs d’Uniparent !

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Crédit photo © Agnès Abécassis – Tous droits réservés

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